artiste: Malartic.
Critique – Aphorisme | Malartic.
Aujourd'hui, on parle d'un groupe qui a récemment aimé ma page Instagram. D'ailleurs, petite parenthèse : si vous êtes un artiste, peu importe votre domaine, n'hésitez pas à venir me faire un petit coucou sur Instagram! Le lien se trouve juste ici.
Avant de commencer, cette critique est fièrement propulsée par Soundgood, une entreprise québécoise qui met la qualité audio à l'honneur. Merci à eux de soutenir le blog! lien dans mon linktree.
À la rencontre de Malartic : l'histoire derrière le groupe.
- On est deux musiciens très amoureux et inséparables. On est en couple depuis plus de 13 ans, mais surtout, on forme une équipe dans tout. On a élevé quatre enfants et deux chats ensemble, on fait de la musique, on travaille encore ponctuellement comme techniciens de scène et on est aussi épisseurs de fibre optique aérienne.
- C’est un métier assez périlleux, souvent en hauteur, où il faut avoir une confiance absolue envers l’autre. On partage la création, le travail, la route, la maison et la vie de famille. On aime dire qu’on est un duo à la vie, à la mort. Ça sonne un peu dramatique, mais c’est probablement la façon la plus juste de nous décrire.
- On vient tous les deux de l’Abitibi-Témiscamingue. J’ai grandi à Malartic, et Julien vient aussi de la région. Notre projet est aujourd’hui basé dans le secteur de Rouyn-Noranda. On a travaillé un peu partout en Abitibi et on passe beaucoup de temps sur la route, alors la région est très présente dans notre musique, mais aussi dans notre manière de vivre et de créer.
Je leur ai ensuite demandé pourquoi ils avaient choisi le nom Malartic. S'agissait-il d'un hommage à la ville ou d'une autre signification? Voici la réponse complète d'Angie : Pourquoi avoir choisi le nom Malartic? Est-ce un hommage à la ville ou ce nom a-t-il une autre signification? Le nom vient d’abord de mon attachement très profond à la ville et de l’histoire de mes parents. Mon père est arrivé à Malartic comme colon dans les années 1940, et ma mère y recevait des soins à l’hôpital psychiatrique de la région. Cet endroit est donc lié à leur histoire, mais aussi à toute mon enfance. Malartic a teinté ma façon de vivre et de voir l’art. Avec mes yeux neurodivergents, certains moments de mon enfance devenaient presque comme du théâtre. Les personnages, les lieux et les situations prenaient plusieurs dimensions dans ma tête. J’y ai vécu mes plus grands drames et mes plus grandes pertes, mais aussi certaines de mes plus belles réalisations, celles qui ont forgé mon regard d’artiste. Malartic est devenu le point d’appui au cœur de presque tous nos textes. J’y glisse constamment de petits morceaux de ce que j’ai vécu là-bas. Ma famille vivait en marge, avec une réalité assez différente de celle des autres familles autour de nous. Cette différence m’a appris très jeune à observer les gens, les lieux et les événements sous plusieurs angles. Choisir ce nom, c’était une façon de rendre hommage à mes parents, aux amis de ma maman à l’hôpital, qui sont devenus nos amis avant qu’eux aussi nous quittent, à cette ville et à tout ce qu’elle a laissé en moi.
Les inspirations du band, Plot twist... je m'étais complètement trompé!
L'album Aphorisme porte parfaitement son nom. Chaque morceau ressemble à une réflexion sur la vie, portée par une poésie aussi douce que sombre. L'album navigue entre le bluegrass, le folk et les ambiances acoustiques, tout en explorant des sonorités pop, rock, électro et même psychédéliques, sans jamais perdre son identité.
Le duo vocal, composé de Angie Gosselin et Julien D. Bouffard, fonctionne à merveille. Les harmonies sont touchantes et rappellent parfois Cœur de Pirate, tandis que les influences folk évoquent Les Cowboys Fringants ou encore The White Buffalo pour le côté bluegrass. Chaque chanson possède sa propre personnalité, ce qui rend l'écoute constamment surprenante. Mais pour être plus transparent — et surtout pour rendre hommage au groupe — voici les artistes les plus souvent cités lorsque je leur ai demandé quelles étaient leurs principales inspirations musicales :
- Beastie Boys.
- Marjo.
- Offenbach.
- André « Dédé » Fortin (j'avais d'abord écris Les Cowboys Fringants, mais c'est bien Dédé qui a été mentionné.)
- Karkwa.
- Tricot Machine.
- Angine de Poitrine. (une influence qui m'a surpris!)
- Fleur de Peau.
- Xavier Caféïne.
- Jean Leloup.
L'album chouchou du groupe :
- Ill Communication — Beastie Boys
APHORISME une œuvre aussi poétique que touchante.
Les morceaux les plus sombres, comme Morphine, nous plongent dans une poésie morbide où le piano et les textures rock créent une ambiance presque gothique. À l'inverse, Pont couvert, Aquarelle* et Danser sur la mer offrent des instants plus lumineux, nostalgiques et apaisants.
L'album ose également sortir des sentiers battus avec Trilogie Kamasutra, sans doute la pièce la plus audacieuse du projet. Son atmosphère psychédélique, les voix en arrière-plan, les nombreux changements de rythme et sa conclusion presque ASMR en font une expérience musicale unique.
Mon véritable coup de cœur demeure toutefois Y'a des silences. Cette chanson aborde la santé mentale avec une sensibilité remarquable. Entre le piano, la voix mélancolique et les paroles bouleversantes, c'est un morceau qui m'a sincèrement touché et qui m'a même arraché quelques larmes.
*Justement, en écoutant Aquarelle, une phrase m'a particulièrement marqué :
« Un pied dans mon Abitibi profonde, l’autre qui rêve au reste du monde. »
Je l'ai trouvée particulièrement percutante. Curieux d'en connaître la véritable signification, j'ai demandé au groupe ce qu'elle représentait réellement. Voici la réponse: Dans Aquarelle, Cette phrase représente notre façon de vivre et de créer. On est profondément attachés à l’Abitibi, à ses paysages, à ses gens et à tout ce qu’on y a vécu. En même temps, on a toujours eu une partie de nous qui regarde plus loin, qui imagine autre chose et qui rêve de découvrir le monde. La chanson parle beaucoup de vivre en parallèle, entre la réalité et l’imaginaire, avec « des rêves en aquarelle ». Alors oui, il y a le désir de faire voyager notre musique, mais la phrase parle surtout de ce tiraillement entre l’endroit auquel on appartient et tous les endroits où notre tête peut nous amener. On ne veut pas quitter nos racines : on veut voir jusqu’où elles peuvent pousser. Dans Aquarelle, la phrase parle moins d’ambition que de cette impression d’exister entre deux mondes.
Verdict:
En résumé, Aphorisme est un album riche en émotions, en poésie et en contrastes. Il surprend constamment par ses changements d'ambiance tout en restant cohérent du début à la fin. C'est une œuvre sincère, originale et profondément humaine qui donne immédiatement envie d'appuyer sur « Rejouer ». Et l’amour que le groupe porte à son projet, tout comme leur passion, se ressent clairement. Voici, sans prétention, ce qu’elle m’a répondu à propos de leurs projets futurs :
On veut gagner en présence sur scène, aller vers de nouveaux publics et laisser les prochaines chansons ouvrir une autre période pour Malartic. La base reste la même, mais on sent déjà que la suite nous amène ailleurs. Cette évolution se construit toujours avec Pascal Mailloux, notre réalisateur, qui demeure au cœur de la direction du projet. participer à des festivals locaux, comme le FME, H2O ou d’autres? Oui, ce sont clairement des scènes qu’on vise. Le FME aurait une résonance particulière pour nous, après toutes ces années passées comme techniciens de scène à monter celles des autres. Pouvoir un jour y jouer notre propre musique aurait quelque chose de très fort, presque comme revenir au même endroit, mais de l’autre côté du rideau. Pour H2O, Osisko en lumières et les autres événements de la région, on souhaite aussi que Malartic y trouve sa place. Et j'aimerais vraiment que sa ce réalise alors... allez pété leur stats!
Ma note : Un 10/10 solide.
Une magnifique découverte québécoise qui mérite largement d'être entendue.
bonne fin de semaine les petits diables!

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